La Biennale s'affiche
Des peintres aux graphistes,une esthétique à travers le temps
L’esthétique des différentes affiches choisies pour les expositions est très contrastée et typée, reflétant l’art de leur époque. Elle atteste d’une grande évolution des styles et des goûts. En introduction à la 7oème Biennale, une exposition au Musée retrace leur histoire.
L’Art nouveau ou « Style sapin », très présent dans les affiches du début du siècle ( 22ème, 23ème, 26ème expositions ), est souvent le fait d’artistes de la région :les frères Barraud, Jules Courvoisier,Georges Dessouslavy, Charles Humbert, Charles L’Eplattenier. Puis l’Art déco prend le relais avec une géométrisation des formes, un choix plus restreint de couleurs et un jeu entre le signe typographique et l’image. L’affiche de la 28ème exposition, celle de 1926, l’année de l’inauguration du musée, en témoigne. Il est intéressant de relever que tous les projets d’affiches de la 28e exposition célèbrent à la fois l’événement biennal et le nouvel édifice. Dans les années 1930, un retour à l’ordre et une recherche de sobriété conduisent à l’abandon de l’image au profit du signe : dès l’après-guerre, lettres et chiffres feront l’objet d’une recherche graphique inventive et se transforment en véritables motifs esthétiques.
Dès la fin des années 1970, les affiches ne sont plus l’apanage des peintres comme au début du siècle.Confies le plus souvent à des graphistes, elles répondent à d’autres exigences : elles deviennent essentiellement un vecteur de communication et d’information. À la fin duXXème siècle, faute de moyens financiers, le format de l’affiche se réduit. Les graphistes proposent aussi de faire figurer des informations au verso. Pliée, l’affiche devient programme et « carton d’invitation ».
Maelle Tappy
